Obtenir le code moto avec un permis B, est-ce réalisable ?

Un texte de loi ne fait pas vibrer les foules, mais celui-ci pourrait bien changer le visage de la circulation urbaine. L’idée de permettre aux détenteurs du permis B de piloter certains deux-roues motorisés sans passer par le parcours classique du permis moto est en train de faire son chemin au sein de l’Assemblée. Objectif affiché : alléger la paperasse pour les automobilistes, tout en maintenant la vigilance sur la sécurité routière.

Si la perspective d’un accès élargi à la moto séduit bon nombre de passionnés, elle agite aussi les débats. D’un côté, on salue la souplesse nouvelle pour ceux qui rêvent de liberté sur deux roues ; de l’autre, certains s’inquiètent d’une formation qui ne serait pas à la hauteur des enjeux. Le code de la route, lui, se retrouve au centre d’une réflexion de fond, car chaque exception pose la question du juste équilibre entre simplicité administrative et sécurité réelle.

Les catégories de motos accessibles avec le permis B

Le permis B pourrait prochainement donner accès à plusieurs familles de deux-roues et tricycles à moteur. Cette équivalence viserait en priorité les profils suivants : scooters, motos dites « légères » et tricycles motorisés.

Scooters

Voici les types de scooters qui pourraient être concernés :

  • Les scooters jusqu’à 50 cm³, plafonnés à 45 km/h.
  • Les scooters de 125 cm³ ou moins, à condition que leur puissance ne dépasse pas 11 kW (15 chevaux).

Motos légères

Les motos 125 cm³, souvent présentées comme la porte d’entrée dans le monde du deux-roues, seraient elles aussi concernées, sous réserve d’une puissance maximale de 11 kW. Dans les faits, cet accès ouvre la voie à de nouveaux usages, du trajet domicile-travail à l’escapade du week-end.

Tricycles à moteur

Les tricycles motorisés, pour leur part, pourraient rejoindre la liste, dès lors que leur puissance ne dépasse pas 15 kW. Pour certains conducteurs, c’est la promesse de retrouver la stabilité d’un véhicule à trois roues, tout en profitant d’une expérience de conduite différente de celle de la voiture.

Type de véhicule Critères
Scooter 50 cm³ max, 45 km/h max
Scooter 125 cm³ max, 11 kW max
Moto légère 125 cm³ max, 11 kW max
Tricycle à moteur 15 kW max

Ce dispositif vise à offrir plus de souplesse aux conducteurs, sans sacrifier les règles de sécurité. Mais une étape reste incontournable : la formation de sept heures, pensée pour s’assurer que chaque conducteur possède les compétences nécessaires.

Les conditions pour bénéficier de l’équivalence

Obtenir ce droit d’accès ne se fait pas sans engagement. Plusieurs critères doivent être respectés, à commencer par une formation de 7 heures, délivrée en auto-école ou moto-école agréée. Cette formation a une mission : garantir que l’usager maîtrise les bases avant de se lancer dans la circulation.

Documents requis

Avant de démarrer, il est indispensable de réunir certains justificatifs :

  • Permis de conduire : Un permis B en cours de validité reste la première condition.
  • Attestation d’assurance : Il faut prouver que le véhicule est bien assuré.
  • Relevé d’information de l’assureur : Ce document permet de vérifier l’antériorité et la fiabilité du conducteur.

La formation de 7 heures

Le parcours de formation se divise en trois temps forts :

  • Phase 1 : Connaître le risque deux-roues : Partie théorique axée sur la prise de conscience des vulnérabilités propres au deux-roues motorisé.
  • Phase 2 : Maîtriser le véhicule hors circulation : Exercices sur plateau pour s’entraîner aux manœuvres techniques et acquérir les bons réflexes.
  • Phase 3 : Cohabiter avec les usagers dans l’espace public : Mise en application sur route ouverte, pour apprendre à composer avec la réalité du trafic.

À la fin de la formation, le stagiaire reçoit une attestation de formation. Ce sésame légitime la conduite des deux-roues et tricycles motorisés sous ce régime d’équivalence. Sans ce document, la prise de risque n’est plus seulement théorique : elle devient immédiatement sanctionnable.

La formation de 7 heures : contenu et déroulement

La formation, clé de voûte du dispositif, se découpe en trois modules. Chacun apporte un éclairage concret sur les défis rencontrés au guidon d’un deux-roues ou d’un tricycle motorisé.

Phase 1 : Connaître le risque deux-roues

Première étape : la théorie. On y explore les spécificités de la conduite moto, la gestion de l’équilibre, la perception du danger, le partage de la route. La météo, la visibilité et l’anticipation des trajectoires sont abordées en détail, pour outiller chaque futur motard contre l’imprévu.

Phase 2 : Maîtriser le véhicule hors circulation

Place à la pratique sur plateau : slalom, freinage d’urgence, virages serrés. Ces exercices permettent de découvrir, sans la pression du trafic, les réactions du véhicule et d’apprendre à en garder le contrôle dans toutes les situations. On voit, par exemple, nombre de stagiaires hésiter au début du slalom, puis gagner en assurance au fil des minutes.

Phase 3 : Cohabiter avec les usagers dans l’espace public

Dernière séquence : immersion dans la circulation réelle. L’instructeur accompagne les stagiaires sur route, les invitant à appliquer leurs acquis face aux camions, scooters, piétons et feux rouges. Cette phase fait la différence : elle transforme la théorie et la pratique en réflexes solides.

Une fois la formation achevée, une attestation de formation est délivrée. À conserver précieusement, car elle devra être présentée lors de tout contrôle routier. Ne pas l’avoir sur soi ? Cela peut coûter cher, et pas seulement financièrement.

moto permis

Les risques et sanctions en cas de non-respect des règles

Ignorer les règles d’équivalence expose à des sanctions lourdes. En cas de contrôle, le conducteur doit être en mesure de présenter trois documents : le permis de conduire, l’attestation de formation de 7 heures et l’attestation d’assurance.

  • L’absence de permis de conduire valide entraîne une amende de 800 € et l’immobilisation du véhicule.
  • Pas d’attestation de formation ? L’amende grimpe à 135 €, et l’accès à la route est interdit jusqu’à régularisation.
  • Rouler sans assurance, c’est 3 750 € d’amende, la suspension du permis et la confiscation du véhicule.

Au-delà de ces montants, le retrait de points s’ajoute à la sanction. Mais le risque le plus sérieux reste ailleurs : en cas d’accident, un conducteur non conforme peut se retrouver personnellement redevable des dommages, avec des conséquences financières qui dépassent de loin le simple PV.

La sécurité des usagers reste la priorité affichée par les autorités. Ces règles protègent, mais elles responsabilisent aussi. Se conformer à la réglementation, c’est choisir de ne pas transformer un moment de liberté en épisode cauchemardesque.

Avant de goûter aux joies du deux-roues ou du tricycle motorisé, mieux vaut cocher toutes les cases : permis, formation, assurance. Sur la route, l’aventure se mérite ; l’improvisation, elle, ne pardonne jamais.

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